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 Remédiation en 6e et jeu d’échecs

 Responsable pédagogique :
Marie-Adeline BONNET, collège Lucet-Langenier (Sainte-Suzanne) Marie-Adeline.Bonnet ac-reunion.fr 
 Origine du projet :
Ce projet a été mis en place précédemment avec succès dans l’académie de Bordeaux et à Mayotte et a impliqué la communauté éducative bien au-delà des mathématiques.
Monsieur Janvier, IA-IPR de mathématiques, l’a porté à notre connaissance lors d’une réunion où étaient présents des enseignants de différentes matières et des membres de la Ligue réunionnaise de jeux d’échecs.
Finalement, il va se monter cette année dans quatre établissements de l’île.
Classes concernées :
Il s’adresse à des classes de 6e d’élèves en grandes difficultés (considérés comme tels en CM2 par les professeurs des écoles), avec un effectif d’une vingtaine.
Les élèves consacreraient une heure par semaine à la pratique de ce jeu et à des activités ludiques en lien avec celle-ci.
Intervenants :
· Un ou plusieurs professeurs de la classe.
· M. Stéphane Escaffe, membre de la Ligue réunionnaise de jeux d’échecs et arbitre international devrait intervenir ponctuellement en classe.
· Mme Bonnet coordonne le projet et animera des réunions en présence des différents enseignants et intervenants.
 
 Quelques raisons (non exhaustives) de ce choix :
Contrairement aux idées reçues, ce jeu n’est pas élitiste et peut s’adresser à des élèves dits « en difficultés ». Par son caractère ludique il peut permettre de redonner confiance à certains.
Cette pratique met en jeu des compétences transversales du champ de la culture scientifique et du socle commun :
· Elle encourage, notamment, le développement des capacités intellectuelles telles que la mémoire, le raisonnement logique, l’analyse de problèmes et la mise en œuvre de stratégies de résolution.
· Elle oblige l’esprit à effectuer un gros travail de visualisation mentale et apporte donc un plus au travail en géométrie.
· Elle contribue également à la construction de la personnalité en encourageant l’attention, l’imagination, l’anticipation, le jugement et la confiance en soi, l’autonomie et l’initiative.
· L’élève prend conscience de la nécessité de traiter par soi-même l’information qui lui est dispensée afin de construire petit à petit son propre savoir.
· Enfin le jeu d’échecs, école de concentration favorise l’apprentissage des règles, le respect d’autrui, le sens de l’effort et la satisfaction intellectuelle.
 
Modéliser mathématiquement des ensembles de coups (possibles, indépendamment de leurs conséquences) peut constituer un exemple d’exercices (nullement obligatoires, plutôt récréatifs) :
· Définir le lieu géométrique des cases qu’un cavalier placé en d4 peut atteindre en deux coups.
· Trouver comment placer huit dames sans qu’elles ne se menacent/protègent.
 
 Enfin, la pratique du jeu d’échecs peut être le prétexte à un travail interdisciplinaire :
· Modélisation par des mathématiciens (exemple : « la Rosace du cavalier », par Leonard Euler), en histoire des sciences.
· Conception d’un échiquier en arts plastiques ou en technologie.
· Verbalisation autour de la pratique ou de l’analyse de parties ou écrits des élèves en lien avec la description des pièces en français.
· Étude de l’histoire et de la géographie très riches du jeu d’échecs (un des jeux les plus anciens !) en cours d’histoire-géographie.
  
En conclusion :
Il nous semble donc qu’ainsi, le jeu d’échecs a sa place dans le système éducatif, comme vecteur de prise de conscience d’un apprentissage ou comme centre d’intérêt brisant la monotonie des enseignements quotidiens.
« Il y a plus d’aventures sur un échiquier que sur les mers du monde » (Mac Orlan).

 

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